YAN WAGNER

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YAN WAGNER

YAN WAGNER - ALBUM "COULEUR CHAOS" - SORTIE LE 03 SEPTEMBRE 2021

Ce garçon a tout en magasin : l’inspiration mélodique, la coolitude et l’érudition exemplaires, une belle gueule de golden boy ténébreux, une voix si fringante qu’elle rendrait sexy la lecture du bottin, le goût du plaisir assumé et de l’aventure, de la facilité dans le talent. Yan Wagner, désenchanté et chan- tant. Disponible aussi pour exalter l’esprit du dance-floor sous l’étendard d’emprunt The Populists. Qui, avant d’enclencher la troisième vitesse discographique, enfile la casquette de réalisateur du disque de Calypso Valois, la fille d’Elli & Jacno. Se balade au Printemps de Bourges dans un hommage à Leonard Cohen, reçoit par le même festival les clés de la création Glory Dummy autour du premier album fonda- teur de Portishead (reporté à l’édition 2021 si le contexte sanitaire le permet), branche ses claviers pour une célébration Leonard Bernstein au Théâtre du Rond-Point. Et s’empare des rythmiques électroniques des deux dernières tournées de Daho. Pluridisciplinaire par papillonnage intelligent, le franco-américain. Il sait à la fois la force insufflée par une vision personnelle autant que l’importance du collectif ou du défi pour reprendre sa respiration.

Avec Couleur chaos, Yan Wagner se met au diapason de sa vie et de ses envies. Une succession de deuils – dont sa mère qu’il interpelle avec la politesse joyeuse du désespoir (Des cieux plus cléments et son refrain aux inflexions Daho) – et un déménagement à Marseille ont précipité une sorte de lâ- cher-prise. Remettant plaisir et simplicité à l’ordre du jour, il ne s’est rien interdit. Plus question, non plus, de se cacher systématiquement derrière la langue anglaise. Poussé par Daho, encore lui, et Romain Delahaye, le «technoman» de Molécule, cet amoureux des claviers et des eighties ose une sortie en terrain presque principalement déminé français. Il sème des balises, distille des images, instinctif, alerte, ironique, à l’aise dans sa pratique du jeu de mots sans abus. «Être sans toi, c’est mourir un peu/J’me brexit encore avec toi », parmi les fulgurances. Et puis Yan Wagner est devenu chanteur, ça on le savait, mais aussi définitivement un crooner au pouvoir d’évocation mutant. Dandy, charnel, nonchalant, fiévreux, envoûtant.

Surtout, cet album le met à distance de sa production passée et le détourne habilement de ses sillons originels. Lumineux et chaleureux, jamais clinique, il accueille volontiers les écarts de conduite. Parce que cette musique grouille de vie et refuse toute idée de saucissonnage. Constamment mélodique, elle est alliée à la pop plutôt que soumise. Yan Wagner ne prétend ici ne prêcher pour aucune chapelle,

© Diane Wagner

se rappelant également ses premières étreintes pour George Clinton, Bootsy Collins et Funkadelic. Il teinte certains morceaux d’éclairs funk noirs et blancs, règle la température aléatoire des synthés, injecte ici et là des éléments G-funk. Il y a enfin des chansons sur le malentendu (Fais comme si) et l’amnésie amoureuse (Souvenir détail), un clin d’œil à John Fante (Demande à la poussière), du groove latent et le prénom de son épouse (Take it all), une percée sexuelle et de la new-wave tendance caribéenne (Par- fum), une rythmique d’orgue et du dub sur un texte éthylique (Brise glace) et même un générique de fin à l’indolence scintillante (Dernière fête). Couleur chaos donc, pour oublier le désordre du dehors.

Patrice Demailly

On en parle dans la presse

« Mi-dandy ténébreux mi-crooner à synthés, le grand Yan Wagner revient sur le ring avec Brexit, un titre éminemment pop et évidemment (très) catchy.  »
Les Inrocks

« Yan Wagner annonce son premier album dans la langue de Daho et Jacno »
Gonzaï

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